Fabriquer un four solaire en carton : pas à pas, matériaux et limites

Four solaire en carton avec rabat réflecteur en papier aluminium posé sur une table en bois dans un jardin ensoleillé

Un carton, du papier aluminium, une vitre : le four solaire maison a de quoi séduire. Il coûte quelques euros, il se construit en un après-midi et il apprend plus sur la lumière et la chaleur que bien des manuels. Il a aussi des limites, qu’il vaut mieux connaître avant de promettre un repas à toute la famille.

Cet article suit les étapes décrites par Greenweez pour un four à double caisson, puis présente une alternative pliable, le Cookit, détaillée par l’association Natura-lien. Si vous voulez d’abord comprendre le principe, un détour par la construction d’un four solaire peut aider.

Si vous préférez un appareil du commerce à cette fabrication maison, vous pouvez comparer les fours solaires chez Solar Brother.

Trois effets, trois éléments du four

Selon Greenweez, un four solaire combine trois effets. Des surfaces brillantes renvoient le rayonnement vers l’intérieur : c’est la réflexion. Plus la surface réfléchissante est grande par rapport à la zone de cuisson, plus la chaleur s’accumule : c’est la concentration. Enfin, une vitre laisse entrer la lumière visible mais retient le rayonnement infrarouge réémis, comme dans une serre.

Un détail fait la différence entre un four qui cuit et un four qui tiédit : la couleur du récipient. Une surface noire et mate absorbe la chaleur, une surface claire ou brillante la renvoie. Greenweez précise qu’il ne faut pas peindre l’intérieur du four avec une peinture quelconque, qui chaufferait au contact des aliments : c’est la marmite qui doit être noire, pas le caisson.

Le matériel, sans superflu

Pour le four à double caisson proposé par Greenweez, il faut :

  • deux cartons emboîtables, de préférence à double cannelure, avec 3 à 5 cm d’écart entre eux ;
  • du papier aluminium, face brillante vers l’intérieur ;
  • une vitre ou une plaque transparente (verre ou polycarbonate) aux dimensions de l’ouverture ;
  • du papier journal froissé ou des chutes de laine de bois, pour isoler l’espace entre les cartons ;
  • de l’adhésif aluminium ;
  • un récipient noir mat avec couvercle, et un thermomètre de cuisson.

Le guide chiffre le tout à une dizaine d’euros de matériel.

Les six étapes de montage

Le guide compte deux à trois heures de fabrication. Voici l’enchaînement :

1. Placez le petit carton dans le grand, avec 3 à 5 cm de vide sur les côtés et au fond : c’est la future lame isolante.

2. Comblez cet espace avec du papier journal froissé, sans tasser. L’air emprisonné fait l’essentiel du travail.

3. Tapissez les parois et le fond de papier aluminium, face brillante visible, en lissant au maximum : chaque pli renvoie la lumière dans une direction inutile. Fixez à l’adhésif aluminium.

4. Fabriquez un réflecteur en découpant un rabat dans le couvercle du grand carton, recouvert d’aluminium et maintenu incliné vers le soleil par une baguette.

5. Posez la vitre sur l’ouverture en soignant l’étanchéité, tout en gardant la possibilité de l’ouvrir pour accéder au plat.

6. Installez le four en plein soleil, réflecteur face à l’astre, et laissez-le monter en température vingt à trente minutes à vide. Réorientez ensuite l’ensemble toutes les trente minutes environ.

Une alternative pliable : le Cookit

Natura-lien présente un autre modèle, le Cookit, créé par Roger Bernard et Barbara Kerr pour Solar Cookers International. L’association l’a choisi parce qu’il se situe à mi-chemin entre la parabole et le caisson, qu’il se plie et se range dans un placard, voire un sac à dos, et que sa fabrication demande environ une heure à une personne avec des outils du quotidien.

Le matériel est modeste : carton, papier aluminium, colle vinylique ou colle à la farine, cutter ou ciseaux, feutres ou crayon. Lors d’un atelier chez des partenaires, onze personnes ont fabriqué dix fours en deux heures, formation comprise. L’association propose aussi un modèle au format A4 et un manuel d’utilisation en français.

Ce que ce four peut cuire, et ce qu’il ne peut pas

Soyons francs, comme le fait Greenweez : les tutoriels enthousiastes promettent souvent trop. Un four boîte artisanal atteint généralement 80 à 120 °C par beau temps d’été, en milieu de journée, contre 120 à 150 °C pour un modèle du commerce. À ce niveau, il réussit, selon Greenweez, les légumes rôtis, les gratins, le riz, les compotes, les plats mijotés, et il réchauffe et décongèle bien. Greenweez cite même les gâteaux parmi les réussites d’un four solaire.

Pour savoir ce qui convient, voyez aussi les meilleurs aliments à cuire dans un four solaire.

Les précautions à ne pas négliger

Greenweez soulève deux points. Côté sanitaire, une cuisson lente à basse température ne garantit pas l’assainissement d’un aliment sensible : évitez viandes, volailles, poisson et œufs sauf si un thermomètre confirme que le cœur du plat atteint une température suffisante. Côté optique, le guide déconseille de fabriquer soi-même un concentrateur parabolique : un miroir concave crée un foyer capable de brûler la peau et d’endommager la vue.

Autre limite : le carton craint l’humidité. Une averse le fait gonfler et se déformer, et sa durée de vie reste limitée. Pour un usage régulier, un modèle du commerce, à partir de 90 € environ selon Greenweez, est plus fiable ; les avantages et inconvénients de la cuisine solaire aident à décider.

Sources

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