Riz, lentilles et pois chiches au cuiseur solaire : méthode et temps de cuisson

Marmite noire de riz et bol de lentilles posés à côté d’un cuiseur solaire sur une terrasse ensoleillée

Lentilles, pois chiches, haricots, riz : des aliments de base, bon marché, qui se conservent des mois. La cuisson solaire leur convient-elle ? Pour les légumes secs, oui, et même très bien. Pour le riz, c’est plus nuancé, et les sources consultées ne disent pas exactement la même chose.

Cet article s’appuie sur le mode d’emploi de l’APTE, qui décrit un four boîte, et sur le guide de Greenweez, qui couvre plusieurs familles d’appareils. Pour choisir votre matériel, voyez les ustensiles de cuisine solaire.

Avant de vous équiper pour ces préparations, comparez le volume utile et les récipients compatibles des fours solaires présentés par Solar Brother.

Les légumes secs, grands gagnants

La méthode de l’APTE tient en une phrase : légumes secs (lentilles, haricots, pois cassés, pois chiches) dans la casserole avec suffisamment d’eau et des aromates, une journée au four solaire, c’est prêt. Le sel ne s’ajoute qu’en fin de cuisson. Aucune surveillance serrée, aucune ouverture : le four fait le travail, et sa chaleur reste stable pendant des heures.

Ces aliments conviennent à la cuisson solaire parce qu’ils demandent exactement ce que l’appareil sait faire : une chaleur douce et prolongée, dans un récipient fermé.

Riz et pâtes : deux avis

Là, les sources divergent, et il faut le dire. L’APTE, qui décrit un four boîte à basse température, écrit que ni le riz ni les pâtes ne conviennent : cela donne de la bouillie, sauf peut-être pour le riz complet, qui supporte mieux de cuire longtemps. Elle cite aussi le petit épeautre comme céréale qui fonctionne. Greenweez, de son côté, range le riz parmi les plats réussis dans un four solaire, au même titre que les légumes rôtis, les gratins et les plats mijotés.

L’écart tient sans doute à l’appareil et à la température atteinte : un four plus chaud réussit mieux un riz blanc qu’un four stabilisé autour de 100 °C. Faites un essai sur une petite quantité avant d’inviter du monde.

Pourquoi le four ne cuit pas à la même vitesse tous les jours

L’APTE décrit l’équilibre thermique du four boîte : entre 60 et 120 °C, suivant l’efficacité de l’appareil, son orientation, l’heure et la saison. Pour des légumineuses, cela signifie que la même recette demandera une journée en été et peut-être davantage à l’automne si le ciel est voilé. Ce n’est pas un défaut, c’est le fonctionnement normal. Orientez le four plein sud : on peut le laisser fixe, mais le tourner toutes les heures environ élève la température, ce qui sert surtout en hiver.

Le bon récipient

Il faut cuire dans un récipient fermé, sinon toute l’eau s’évapore. L’APTE recommande une casserole avec un couvercle, de couleur foncée, légère (l’inox fonctionne aussi). Le bocal en verre à couvercle étanche est une option séduisante : on cuit dedans, puis on le range directement au placard. Attention à laisser de la place pour le gonflement des légumineuses.

Évitez les récipients et couvercles en plastique, qui risquent de se déformer et de relâcher du plastique dans les aliments.

Peser son chargement et choisir la casserole

L’APTE recommande de limiter le poids chargé à mesure qu’on s’approche de l’hiver, et de préférer les casseroles légères : une cocotte en fonte retarde la montée en température, et les aliments restent tièdes plus longtemps, ce qui pose un problème sanitaire pour les denrées sensibles. Les gros récipients en fonte ou en terre ne conviennent que si on préchauffe tout au gaz avant, ou en plein été. Pour des lentilles, un récipient léger et sombre suffit. Sur les ustensiles, le guide des ustensiles donne d’autres pistes.

Trempage, quantités et durée

Les sources consultées ne précisent ni trempage ni temps de cuisson chiffrés : tout dépend de l’ensoleillement et de la saison. Pour la quantité, adaptez-la à la saison : l’APTE recommande de moins charger à mesure qu’on approche de l’hiver, et de ne pas surcharger le four d’un coup. Prévoyez la journée entière : c’est la durée que donne l’APTE pour les légumes secs.

Garder au chaud : le bénéfice caché

L’avantage que l’association met en avant : le four garde les aliments chauds pendant des heures. On lance la cuisson le matin, plein sud, et même si l’on rentre après le coucher du soleil, le plat est encore très chaud. Quand le soleil tombe, refermez le couvercle. C’est un atout concret pour des légumes secs, qui s’accommodent d’une longue attente sans se dégrader. Autre bénéfice : sans ajout d’eau pour les aliments non secs, les légumes et viandes cuisent dans leur jus, ce qui préserve les vitamines.

Les erreurs à éviter

  • charger trop de nourriture d’un coup ;
  • ouvrir le four pour regarder, ce qui coûte 10 à 15 minutes de chaleur à chaque fois ;
  • utiliser une casserole lourde, claire ou sans couvercle ;
  • saler au départ, alors que l’APTE conseille d’attendre la fin de cuisson ;
  • compter sur le riz blanc ou les pâtes dans un four boîte à basse température.

Pour la suite, la cuisson solaire pour débutants reprend les bases de l’orientation et de la mesure.

Sources


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